J'avais rêvé dans la tourmente de m'envoler en fin d'année vers des contrées moins grises.
J'avais rêvé d'un sapin ailleurs, d'idées nouvelles, de cotillons pas Bourguignons.
J'avais rêvé de changer d'air, d'habitudes, de coutumes.
Mais certains rêves n'ont pas vocation à se concrétiser.

2011 s'en est enfin allé, et 2012 nous a trouvé fatigués.
L'hiver qui tarde à céder le pas, ce froid dans nos coeurs qui pâlit nos joies et nous laisse négliger les sourires de la vie. Et les rêves qu'on n'ose plus formuler, parce que la tristesse recouvre l'espoir, que tout est aussi gris que le ciel, qu'après les drames c'est la maladie qui frappe à notre porte, maladie certes pas létale, mais néanmoins optimismocide (oui, je sais que le mot n'existe pas, optimismophage non plus).

De tous mes rêves, le plus prégnant, le plus redondant, est sans conteste celui qui porte mes pas au Sud, près du Tage.

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sur les pavés de marbre et de basalte lisboètes,

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pour un déjeuner, ou plusieurs, en terrasse,

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Dans mes rêves, je me promène à pas léger dans le centre ville historique, Rossio, Chiado...

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Dans mes rêves, je prends le tram aux banquettes de cuir et de bois,

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Dans mes rêves, les façades sont roses, bleues, jaunes, et reflètent la lumière du soleil

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Alors un vendredi matin de février, Marc m'a offert mes rêves. Deux billets d'avion, une prima Madalena complice qui nous a accueilli au terminal 1 (private joke) et ouvert la porte de sa toute nouvelle maison, et Lisbonne est à nous pour 4 jours, l'esprit libre et le coeur léger.

Parce que l'aîné de nos enfants dispose d'une bonne provision de pizzas et hamburgers (et même d'un pack de bières, dieu qu'il a grandi celui-là) à la maison, que sa cadette est chez sa cop' Marion pour le week-end puis chez Mamie Rosy et un Papi Michel à l'humour... salomesque, que les deux plus jeunes sont chez Mamilène où ils seront chevaliers, cascadeurs, rois du monde...

Et quand un rêve est offert, on ne boude pas son plaisir. Alors...

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Alors pendant quatre jours, on a déambulé dans la ville, mangé des gâteaux, pris le train, marché, marché, encore marché (et on a adoré), pris le tram (parce que bon, on a adoré, mais on a fatigué, aussi, et puis la balade en tram faisait partie de ce qu'on s'était promis de refaire), visité des églises avec des vrais gens dedans, mangé des gâteaux. On est retourné à Sintra, pris le temps d'en visiter le palacio national, mangé des gâteaux et enchaîné avec un tour de calèche qui nous a ouvert de nouveaux rêves à base de "si on gagne à l'Euromillions, on achète la blanche avec les fenêtres bleues, non la rose, non la grande jaune..." (bon, on a joué, on n'a pas gagné), mangé des gâteaux, encore. Et puis on a câliné Beatriz, chahuté Diogo, parlé et encore parlé avec Madalena, dîné avec ma tante Constance. On a marché jusqu'au bord de l'eau, pour sentir le sel. On a jeté des miettes aux pigeons, regardé les mouettes en ville, mangé des gâteaux. Des queijadas à "Piriquita" à Sintra, des pasteis de nata à "pasteis de Belem" à Lisbonne, d'autres dont j'ai oublié le nom, avec de la crème, de l'amande, ou du jaune d'oeuf. On s'est régalé et j'ai pris 4 kilos.

Certains rêves ont finalement vocation à se réaliser. Je vais donc continuer de rêver, encore et encore.

 

 

* photos trouvées sur le net, parce qu'on y est allé pour vivre l'instant, pas pour prendre des photos.