2016. Mai. Un voyage triste, mais des moments tendres.

Toi et moi ça n'avait rien d'évident

Toi et moi ce n'était qu'évidence

Toi

Tout ce que tu étais, d'avance je le rejetais

Toi

Tout ce que tu es m'attire et m'aspire, m'inspire, et je respire

Toi

Toi qui viens d'un milieu qui n'est pas le mien
Toi qui ne connaîs pas mes abîmes et qui pourtant les sais
Toi dont les rêves étaient autres et qui rêvait d'un ailleurs qui ne ressemblait pas au mien


2015. Octobre.

C'était une autre décénie, une autre vie qui nous a fait nous rencontrer.
Tu ne voulais pas être là,
Moi, j'étais venue parce que c'était un repas gratuit et que ça valait bien d'écouter sans les entendre ces gens, bien assis sur leurs certitudes d'enfants nantis et les privilèges acquis par leurs parents

J'ai croisé ton regard et tu m'as chavirée
J'ai croisé ton regard qui me reconnaissait étrangère à ce lieu, à ces gens, et me disait que toi non plus ta place n'était pas là.

On a fait de cette soirée une bulle. Dehors il faisait froid, c'était l'hiver et la nuit noire. Dedans c'était un brouhahas de conversations insipides et prétentieuses, mais il y avait une cheminée (et à manger). Alors on a parlé, tous les deux, dans notre bulle, près de cette cheminée. Tu avais trop chaud, mais tu es resté là, et on a parlé, et encore parlé. On s'est parlé comme ne se parlent pas les inconnus, parce qu'on s'était reconnus, tous les deux. Toi et moi. 

Comme une évidence.
Même si rien n'était évident.

Ta vie était commpliquée, ta tristesse incommensurable, ta colère aussi.
Ma vie était compliquée, j'étais triste et en colère, aussi.

On s'est reconnus, on ne s'est plus quittés.

cancale. 2015. juin.

Tu as remplacé ton salon gris poussière par une chambre d'enfant de toutes les couleurs, posé une frise avec des maisons en forme de champignons et un papier multicolore qui évoquait le cirque. Et avec Théo et Salomé, on a transformé ta maison et ta vie en fête foraine.

Tu nous a ouvert ton coeur et on a posé le nôtre dans tes mains.

Toi

Tu étais là quand je pleurais d'une fête sans eux
Tu étais là pour m'aider à faire de leur retour une fête

Tu m'as soutenue même quand je me trompais de chemin,
Tu as marché à mes côtés et tu m'as montré qu'il pouvait y avoir d'autres chemins

Toi

Tu étais là à chaque joie et à chaque épreuve

Je t'ai bousculé, juste pour être sure que tu étais aussi solide que tu en avais l'air
Et tu l'es.

Portugal. Noël 2014.

On a fabriqué ensemble notre famille, notre vie à 6.
Tu as refermé le cercle protecteur de tes bras sur nos deux aînés qui étaient si petits encore. Comme une évidence. Et tu ne l'as rouvert que le temps d'y faire entrer les deux plus jeunes. Nous avons fabriqué cette fratrie et si j'en suis le ciment, tu en es l'artisan.

J'aime nos différences parce que je sais qu'elles ne sont qu'accessoires. Sur l'essentiel nulle divergence.

Les années qui passent n'ont pas prise sur nos sentiments. Ensemble, nous sommes passés de la trentaine à la quarantaine. Aujourd'hui, tu entames le premier jour de cette année qui t'entraîne vers la cinquantaine.

Plus fort que jamais. Je revois ce regard qui me reconnaissait ta semblable, ce joli soir de janvier, chez ces gens qui auraient pu te ressembler et qui étaient si différents de toi. Tu l'as toujours, ce regard. La tristesse en moins. Et de ça, je suis heureuse et fière.

Toi et moi. Ensemble. Envers et contre tout. Main dans la main. Semblables et différents, mais unis.

Je t'aime. Joyeux anniversaire mon amour.