Les frères Quetzacoaltl
On nous a dit : Bayonne, c'est aussi la capitale du chocolat !
On est allé vérifier sur place...
Les plus jeunes, très concentrés, ont décoré leur chocolat pendant qu'on dégustait les spécialités de l'atelier. TOUTES les spécialités, dont le noir au piment d'espelette. Pas le meilleur à notre goût (on a tous craqué pour le feuillant d'or), mais surprenant.
Les vagues de l'océan
On a pris la route quand le soleil était depuis longtemps couché.
On a roulé dans la nuit, roulé, roulé, sans s'arrêter, ou presque.
Les enfants dormaient. On parlait, un peu. De tout, de rien. J'ai dormi aussi, roulée dans la couette. J'étais bien.
On a vu le soleil se lever sur les Landes. On a continué de rouler.
Jusqu'au bout de la route, où il nous attendait.
Sans attendre, les enfants se sont élancés.
Du sable dans les chaussures, vite quittées. De l'eau salée au bas des pantalons, remontés, pas assez.
Mais qu'importe.
L'océan était là. Devant nous. Les vagues frappaient le sable. Les enfants souriaient. Tu me tenais la main.
* Oui, les enfants ont manqué deux jours d'école / lycée / stage
* Et Non, ça n'a pas pesé lourd dans la balance, parce qu'ils sont bons élèves et qu'ils rattraperont les cours, parce que l'école de la vie fait partie de l'apprentissage, parce que le bonheur n'a pas de prix, parce qu'ils ont appris plus en 5 jours sur la culture des Landes et du Pays Basque qu'ils n'ont apprendront en toute une scolarité.
Nat
Tout ce que je n'écris pas
Petit à petit, l'envie s'était éteinte.
En septembre, un dernier billet, et quelques autres qui sont restés à l'état de brouillon. Il était question des petites filles qui ont égayé notre été, d'Oscar qui avait 5 ans. C'était en juillet.
Les mots se sont perdus, pas assez forts, pas assez justes.
Marc a pris le relais. N'est-ce pas ce qu'il fait toujours ?
Du rugby, des petits garçons qui deviennent grands, un carnaval. Des petites tranches de vie.
Une petite partie, mais ô combien importante, de ce qui fait notre vie ces temps-ci.
A cette petite fenêtre qui s'ouvre par intermittence sur notre famille, il manque la trace de bien des joies. Et quelques peines aussi.
# J'ai repris le travail à l'automne. De la Puisaye où j'aurais passé quatre mois, je retiendrais l'accueil d'Armelle, et son joli sourire, le café du matin, pris sur le pas de la porte pendant sa pause cigarette. Je pense à Armelle en fin de journée, quand je fais le vide sur mon bureau sénonais, soufflant comme elle le faisait les quelques miettes qui le parsèment. Aux premiers jours de 2013 j'ai rejoint - enfin - l'équipe de Sens. Plus près de chez moi. Moins de pression. Et tirant les leçons du passé, je me ménage.
# Nos enfants, comme tous les autres, grandissent. Chaque jour en porte témoignage.
♥ L'aîné caracole, sans coup férir, en tête de classe. Le bac à la fin de l'année. Déjà inscrit en BTS. Théo revient de trois semaines de stage en Italie. Toujours aussi sûr de lui. Il trace sa route, quitte à bousculer, un peu, beaucoup, ceux qui se trouvent sur son chemin. Il me vient parfois l'envie de l'empoigner, de lui dire de nous épargner. Il peut être dur, parfois, dans ses emportements. Ses mots claquent, je le vois prendre du recul, s'enfermer dans une colère, une révolte, une indignation. Puis le soufflé retombe et je retrouve l'enfant tendre qu'il n'a jamais cessé d'être. Ses blessures sont à vif, un rien les réveille. Mon agacement s'estompe. Je sais ses souffrance et le poids de l'absence. Je le vois porter une peine trop lourde pour lui, faire celui que rien n'atteint quand son coeur saigne. Il panse ses plaies loin des regards, échoue souvent à juguler ses emportements. Toujours, pourtant, il revient, apaisé. La tempête est passée. Je le vois partager un jeu avec ses frères, échanger avec sa soeur d'égal à égale. Complices. Mon coeur de mère s'emplit de paix.
♥ Salomé, ma tendre, ma vive, ma câline, ma fille. Si différente de celle que j'étais au même âge. Tellement mieux, en fait. La petite fille distraite, toujours un peu décalée, s'en est allée, discrètement. Quand a-t-elle cessé d'évoluer dans un monde parallèle au nôtre ? Quand est-elle devenue cette jeune femme piquante, grave et légère (oui, on peut être à la fois grave et légère, quand on est Salomé), parfois tendre et rêveuse, joyeuse, romantique, puis mélancolique, et farceuse la seconde d'après. Un diamant aux 1000 facettes. A quel moment as-tu, ma fille, cessé d'être cette petite fille qu'on habillait de rose et de vert, qui boudait son assiette et pouvait s'enfermer dans un silence songeur pour en sortir sur un éclat de rire ? Je te vois surmonter les épreuves, et grandir. Changer, sans pour autant cesser d'être toi. C'est juste magique. On ne t'emmène pas là où tu ne veux pas aller. Mon coeur de mère s'emplit de rêve.
♥ Longtemps je l'ai pensé plus fragile que ses aînés. La joie de sa naissance avait été ternie, délavée par ces heures de séparation et d'inquiétude, ces premiers instants volés par l'urgence, la médicalisation. Pendant qu'il luttait pour respirer, vider ses minuscules poumons emplis d'eau, je me noyais du manque de sa peau, de son petit corps emprisonné de sondes, capteurs, perfusions. Ces quelques heures ont pesé éternité. Je ne me suis pas nourrie de son odeur de nouveau-né, de son premier regard. Romeo s'est tourné vers son papa. Obstinément. Durablement. Petit à petit, nous nous sommes apprivoisés. Urgences pédiatriques, une fois, deux fois, plein de fois. Asthme. Allergies. Rien n'a été épargné à notre petit bonhomme. Si fin, si frêle. Fragile ? Pas tant que ça. En lui brille la flamme du courage, de l'obstination. Il s'accroche, ne cède pas un pouce de terrain. Aucun combat n'est perdu d'avance. Ecole, piano, rugby, et même jeux vidéos, partout il brille. Comme étonné de nous voir nous en émouvoir. Mon coeur de mère s'emplit de fierté.
♥ L'été dernier j'avais commencé un message pour les cinq ans d'Oscar. Jamais terminé tant les mots me manquaient. Il disait : Autant d'années que de lettres à ton prénom. Autant d'années que tu peux en compter sur les doigts d'une de tes petites mains. Ces 5 petites années qui se sont écoulées depuis ta naissance, ces 5 petites années qui ont changé nos vies, ces 5 petites années là nous ont bousculés, chahutés, émerveillés, ce 5 années ne laissent pas de nous combler, tant chaque journée qui passe porte son lot d'attendrissement et de fous rire, de fierté et d'amour. Comme tes aînés, tu as marqué profondément de ton empreinte notre famille. Comme tes aînés, tu as trouvé ta place, imposant tes particularités du haut d'un caractère déjà bien affirmé. Si semblable à eux et pourtant si différent, si singulier. Unique. Il y a 5 ans, ta naissance a balayé tous nos doutes, et dès lors chacun de tes jours de vie nous le confirme, tu es notre évidence, l'enfant venu, telle la dernière pièce du puzzle, compléter le tableau d'une famille qui se construit jour après jour. Huit mois plus tard, rien n'a changé. Les mots me manquent toujours autant pour décrire ce qui nous unit. Mon coeur de mère est comblé.
# La maladie a balayé nos vies, nos routines, nos habitudes. La vie a repris le dessus. Cahin caha. Poussière et désordre sont trop souvent notre quotidien, et il me vient des envies de vide, de vent, de tempête même, pour balayer loin de nous ce fatras qui nous entrave. Je vis dans les écuries d'Augias, et l'énergie me manque pour y mettre fin.
# J'ai des rêves. Je les garde souvent pour moi. Les énoncer, c'est leur donner une consistance qui fait surgir inopinément leur irréalité, les impossibilités qui les frappent. Et puis ce sont mes rêves, à moi. Mes espérances. Pas toujours partagées, ni partageables. Ainsi va la vie. Je ne renonce pas. Je pourrais rétrécir mes rêves, les atrophier jusqu'à ce qu'ils tiennent au creux de mes mains, dans ma réalité. Je m'y refuse et les laisse s'envoler. Mes rêves peuplent mes nuits en attendant des jours meilleurs.
# Ma machine à coudre prend la poussière. Non que l'envie me manque. Je me réveille souvent au coeur de la nuit, avec en tête une idée, une envie. Je vois précisément le tissu, la forme, la destination. Mentalement, je donne des coups de ciseaux audacieux et précis, et glisse habilement l'ouvrage sous le pied presseur. Au matin... adieu coussins, rideaux, sacs, et autres bidouillettes à coudre. Si je ne viens pas à bout du repassage, si la pile de courrier urgent a disparu sous celle du très urgent, elle-même noyée sur les avis de passage du facteur, qui me somment d'aller chercher les recommandés agacés des services de l'eau ou de l'électricité, parce que quand même, il faudrait voir à payer les factures (oui, mais, elle est où, déjà, la facture ? Dans quelle strate ?), si je ne pense à ouvrir la boite aux lettres que lorsqu'elle déborde, si pour aller de la porte d'entrée à celle de la cuisine j'enjambe les chaussures qui désespérément s'obstinent à ne pas vouloir se ranger seules, et en paires, dans le bac qui leur est destiné, si j'ai perdu le souvenir de la vraie couleur du sol, si j'ai un vague souvenir de ce à quoi peut ressembler une chambre à peu près rangée (la mienne y compris, encombrée qu'elle est de magazines dont je n'ai lu que trois pages, de livres dont je ne sais plus lesquels j'ai commencé, de vêtements trop petits ou trop grands, mais le plus souvent trop petits) sans jouets abandonnés et vêtements à laver qui jonchent le sol, si jour après jour l'arrière-cuisine perd sa destination pour devenir l'habitats des rongeurs, et que finalement je laisse glisser, alors comment et pourquoi trouverais-je le temps et l'énergie de coudre ?
# Mais la maison est secouée des éclats de rire des enfants. Ce qui n'a pas de prix. Les couettes et oreillers ont pris place sur les canapés, pour des soirées télé partagées. Ce n'est pas très esthétique, mais c'est confortable et réconfortant. Une bulle de douceur, même pour regarder les sanguinolentes tribulations de Dexter (non, pas l'adolescent du labo persécuté par sa criarde soeur, le tueur en série qui fait l'unanimité chez nous).
# Je veux croire qu'un jour le printemps viendra. Le vrai, celui avec des fleurs et des envies de fenêtres ouvertes. Pas seulement le soleil, qui pointe aujourd'hui quelques maigres rayons, mais la chaleur censée aller avec. J'ai décidé que cette année verra le retour des fleurs à nos fenêtres. J'ai des envies de couleurs, de lumière, de gaieté. Je veux des feuillages légers, des pétales qui bougent au moindre souffle, du vert tendre, du rose, du rouge, du blanc. Et que l'été nous apporte le réconfort dont nous a privé cet interminable automne-hiver-gris-triste-et-sale.
# Depuis longtemps Chat-Mallow n'est plus, mais Booster, le mal-en-point, le toujours un peu pelé, couvert de cicatrices et de griffures fraîches, vient chaque jour chercher sa ration de caresses, glissant si besoin son museau sous nos mains. Inlassablement, il fait fi des rebuffades des uns, de l'indifférence d'un autre, et vient offrir son indéfectible affection à ceux qui veulent bien la recevoir. Oscar lui confie ses chagrins et s'émerveille de le voir courir après un ruban. Les chiennes vieillissent tranquillement, et s'installent volontiers dans un coin de la cuisine. Et si quelqu'un pense à la nourrir, peut-être la poule survivra-t-elle jusqu'à l'été.
# Ai-je raison d'espérer ? Les épreuves ne nous ont pas été épargnées, et ne nous ont pas épargnés. Mais la vie a toujours été la plus forte, qui nous pousse en avant, nous force à poser un pied devant l'autre, et à avancer. Encore. Je pense aux cartes de mon amie Agnès. J'ai décidé d'y croire.
# Je ne suis pas bien sure que tout le monde soit arrivé jusque là en ayant tout lu, c'était un très long billet, pour rattraper de longs mois de silence, et encore tout n'est-il pas dit. Mais qu'importe. Tant mieux, même, peut-être. Ce qu'il me fallait, c'est écrire, pas être lue.
# EDIT
J'ai une famille, un mari, des enfants. J'ai des amis, aussi. Des personnes que j'aime et qui m'acceptent telle que je suis. Ou telle qu'ils me perçoivent. Qu'importe, ce qui compte, c'est l'amour, l'amitié qu'ils me portent. J'ai en tête l'image d'un caléidoscope. On le tourne un peu, et l'image change. J'aime assez cette idée. Ils ne sont pas si nombreux. Je bavarde beaucoup, j'ai le contact facile. Mais les amis réels, ce sont ceux qui me connaissent, et qui m'aiment malgré cela. Ceux qui savent qui je suis, en prennent, en laissent. Et m'aident à cheminer. Si certaines sont loin, Internet est mon ami, qui me permet de ne pas les perdre, et nous offre cette chance de communiquer presque journellement. Quand l'occasion s'en présente, nous nous retrouvons, avec toujours cette sensation étrange de reprendre un dialogue interrompu le matin même. Au chapitre des fantasmes, j'invoque les transplaneurs d'Harry Potter. Hop, en Autriche. Hop, à Lisbonne (une cousine peut aussi être une excellente amie). Hop, à Québec, à Avignon (ça marche avec les soeurs, non ?). Hop, en Bretagne, dans le Nord, en Alsace, dans le Sud, au bord de l'Océan. Hop hop hop.
D'autres sont tout près. Et c'est bien, aussi, de se poser devant un thé, ou un Porto branco. De discuter à bâton rompu.
Je ne suis pas seule, je ne me sens pas seule.
Mutation génétique ?
Les dragons, ça n'existe pas !
C'est en tout cas ce qu'on veut nous faire croire...
Et bien si !
En images, la naissances de deux dragons !
1er match de Romeo, 1er essai de Romeo !!!
fixation de trois adversaires, puis passe à un partenaire démarqué ! Belle vista pour un néophyte...
1er rideau défensif... ça ne passera pas !
Ballon gratté à l'adversaire... ça va à l'essai !
J'adore !
le regard d'Oscar
c'est le regard d'un enfant heureux...
qui prend son papa en photo
Duel
Attrape moi si tu peux !
Je vais quand même passer...
Euh... Un duel, moi je voyais ça en 1 contre 1 !
Bon, ok, ça passe pas...
Mais on a gagné le match ! Na...
Oscar s'en sort plutôt bien...
D'abord le bilan: 4 matchs dont 3 défaites !
Mais en face, des équipes avec des joueurs qui avaient 1 à 2 ans d'expérience, et Oscar et les siens débutent cette année...
Avant tout, ambiance vestiaire et coatching :
Mais, l'essenciel est là, savoir défendre :
et attaquer :
Allez mon grand, continue...
Allez Oscar ! Allez Oscar ! Allez...
1er entrainement d'Oscar au Rugby !
Et c'est une réussite...
plein de nouveaux copains... et copines
le ballon bien porté !
Allez Oscar ! Allez Oscar ! Allez...
I Believe I can fly...
Fais bien attention à bien m'attacher...
Et hop ! de la haut, en comptant la butte et l'échelle, il y a au bas mot 8m...

C'est parti... Banzaïïïï !

Vacuité
Oui, c'est un peu le
Sur ce blog, oui, mais seulement là.
Parce qu'ici la vie va vite, les contours de notre vie sont fluctuants, des décisions sont prises, les arbitrages différés ne le sont plus.
Bientôt, si si, très bientôt, des images, des mots.
On parlera vacances, on parlera enfants, on parlera des amis, de la famille, on parlera travail, avenir, tout ça tout ça.
La rentrée, qui s'est bien passée, pour tout le monde.
La vie est belle.
Ce sillon que tu traces, mon fils...
L'an dernier, ta peine était trop vive, et les jours ont glissé comme la pluie sur les feuilles, noyant tes 16 ans dans un maelström d'émotions. Je ne garde moi-même que peu de souvenirs précis de cette période balayée par les larmes.
Il me faudra donc remonter d'encore d'une année pour retracer le chemin parcouru, mesurer les progrès, comparer les rêves et attentes d'alors à la réalité d'aujourd'hui.
Depuis tes 15 ans (clic), la volière escomptée s'est finalement convertie en basse-cour, mais tes objectifs n'ont pas changé, et tu marches droit sur le sillon que tu t'es tracé.
Tu sais désormais que nul n'est invincible, mais plus que jamais tu profites de l'instant.
Moins insouciant, toujours impatient, parfois emporté. Volontaire. Passionné.
Tu continues de te lancer tout entier dans des projets d'aménagement, traçant des plans, testant les idées, cherchant les solutions aux problèmes avant qu'ils ne se posent. Réaliste.
Chenil, poulailler, potager, marches d'aromatiques, et bientôt pergola, tu fais tiennes nos envies, et leur donne vie.
Tu te rêvais paysagiste.
Deux ans de formation plus tard, tu persévères, conforté dans ta vocation.
Tes réussites ne t'émeuvent ni te surprennent, tu connais ta propre valeur.
Comment te donner tort quand ton directeur milite pour que tu vises la licence (mais ok, passe ton bac d'abord) ?
Ce soir, tu as 17 ans.
Des rêves, des aspirations, un avenir riche de promesses.
Des envies de fête, aussi.
Profite de celles qui se profilent cet été, mon fils. Et continue de tracer ce sillon bien droit qui te ressemble.

Et te voilà, huit ans plus tard...
C'était un mardi de juillet, lourd et chaud, un mardi tant attendu, un mardi de juillet 2004. Le 6, puisqu'on pouvait choisir, et que ça nous plaisait bien, le 6, pour te découvrir enfin.
C'était il y a tout juste huit ans, au petit matin.
Si petit, si fragile, tu as filé vite vite vite derrière les vitres de la néonat, à la recherche de ton souffle, déjà.
Si petit, si fragile, et pourtant si fort, déjà.
Sans le savoir, tu venais de tisser le premier fil d'une vraie famille.
Sans le savoir, tu créais ce premier lien tangible entre ton papa et "les douds". Marc n'était plus seulement le compagnon de ta maman, il devenait pour Théo et Salomé le papa de leur petit frère.
A l'heure où j'écris ces lignes, il est tard, et dans le silence de la nuit, je cherche mes mots.
Comment dire, comment faire ressentir, celui que tu es, celui que nous voyons grandir et qui gonfle nos coeurs de joie, de fierté, d'amour ?
Je me souviens de cette nuit avant ta naissance. De la chaleur moite, de mon ventre lourd. Sereine, je savais qu'au matin tu serais là. On s'est parlé, à la lueur des étoiles, de la lune (ou était-ce la veilleuse du couloir de la maternité ?). La pénombre était propice à l'imagination, mais toutes les promesses que je t'ai faites, c'est toi qui les a tenues.
Tu es docile, facile, et pourtant rien ne te fait plier.
De ce que tu as décidé, on ne peut te détourner.
J'aime ce côté décidé de ta personnalité, affirmé sans être effronté.
La justice, l'égalité sont ta croisade.
La générosité, le partage sont ta réponse.
Toujours, tu penses aux autres.
Sans pour autant t'oublier.
Bel équilibre.
Tu traces ton chemin, sûr de l'amour des tiens.
Assuré d'être aimé, tu donnes en retour ton amour sans partage.
J'aime te regarder vivre.
J'aime à m'émerveiller de te regarder vivre.
Je m'attendris de te voir résister vaillamment - et bruyamment - à tes aînés, et de t'entendre demander à l'heure de la liste des courses "Tu penses au chocolat blanc pour Salomé ? Tu prendras des pizzas pour Théo ?"
Je fonds de te voir si attentif à Oscar.
Tu me rends fière, et humble.
Fière de te voir réussir tout ce que tu entreprends.
Fière de ton courage, de ton obstination, de ta persévérance.
Fière de ta tendresse, de ton empathie, ta gentillesse.
Humble de mesurer tout ce que tu ne tiens pas de moi...
Je te regarde, et je mesure que oui, j'ai un fils fort en maths (moi qui n'ai jamais su mes tables de multiplication, moi qui compte sur mes doigts et me trompe quand même). Oui, j'ai un fils qui retient les poésies. Oui, j'ai un fils qui sait dire non gentiment. Et s'y tenir.
Je me relis, et rien de ce que j'ai écrit ne dit à quel point je t'aime, à quel point ton papa t'aime, à quel point ton grand frère, ta soeur, ton petit frère t'aiment.
Je voudrais décrire le bonheur tranquille de marcher en tenant ta main. Celui de la lacher pour te voir courir, sautiller, te rouler dans l'herbe. Je voudrais dire mon coeur qui bat lorsque j'entends ton rire. Je voudrais raconter la peau douce au creux de ton cou, tes bras qui me serrent fort fort fort au bisou du soir. Tes cheveux toujours un peu ébouriffés. Ce petit pli à ton front lorsque tu es contrarié et que tu réfléchis au meilleur angle d'attaque pour obtenir satisfaction. Cette étincelle dans tes yeux lorsque tu te sais vainqueur. Ton sourire doux. Ta volonté de toujours bien faire... et tellement plus encore.
Voilà huit ans aujourd'hui qu'un matin de juillet tu as poussé ton premier cri. Joyeux anniversaire, mon Romeo.
Pause estivale en vue
Est-ce bien la peine d'en parler, finalement ?Car, bien sûr, Oscar passe en grande section. Bien sûr, Romeo passe en CE2. Bien sûr, Salomé passe en première et bien sûr Théo en terminale.
Qui en doutait ? L'année scolaire a filé sans alerte aucune. Un peu d'insolence chez l'ainé, un rien de "trop sérieux" pour notre musicien appelé à se "lâcher", une pincée de distraction chez le plus jeune, beaucoup de bavardages à l'actif de notre fille... rien de grave à la lecture de leurs résultats.
Les appréciations sont flatteuses, chacun a fait tout tranquillou son chemin cette année. On passera sur l'incompréhension mutuelle qui a marqué l'année d'Oscar et de son institutrice. Qu'importe, lui n'en a pas souffert. Il a l'esprit vif et attend déjà avec impatience de faire son entrée chez Céline, l'insitutrice qui avait voici déjà trois ans redonné à Romeo le goût de l'école.
Encore une toute petite journée, et le dernier de nos enfants sera à son tour en vacances. Une pause estivale bienvenue, pour oublier le mauvais temps, la fatigue, les maladies des grands et des petits, les contrariétés.
Et si on se laissait vivre, un peu, si on se laissait aller à ne pas faire grand-chose ?
Si on vivait sans horloge, au rythme de nos envies ? Si on passait en mode relax, entre le trampoline et le hamac ? Si on prenait le temps d'aller chercher le lait à la ferme le soir, le temps de manger sous les arbres le midi ? Si on savourait le bonheur qu'Oscar trouve à jeter le grain aux poules, gratifier le chat d'un énorme calin, et jeter des os aux chiennes ? Une balade à vélo. Une promenade, une cueillette de fleurs des champs. Une sieste à l'ombre des bouleaux...
finalement, on en a des choses à faire.

conjuguer le verbe souffler
C'est une conjugaison de vie que celle du verbe souffler.
Je souffle
tu souffles
il souffle... si mal.
Notre Romeo au souffle court.
Quelques jours à retenir le nôtre, de souffle, quand le sien s'est fait si laborieux que l'hospitalisation n'a plus été une option.
Quand le papa se tourmente de déceler en son enfant les symptômes d'une souffrance qu'il ne connaît que trop bien. La toux inextinguible. La poitrine qui brûle à pleurer.
Quand le médecin de famille - tellement sollicité ces derniers mois, qu'au feu rouge je tourne dans sa rue même en allant faire les courses - d'un regard détecte l'urgence et appelle la pédiatrie.
Qu'elles ont été longues, les nuits passées à guetter son souffle sifflant, les yeux rivés toutes les 4 heures sur les chiffres de la sat*

Quelles ont été longues, les journées, entre deux séances d'aérosol, malgré les visites, les films, les dessins...
Souffler, enfin, quand l'enfant reprend son souffle.
Souffler, enfin, quand les chiffres de la sat remontent et nous libèrent de notre angoisse.
Souffler de le voir enfin souffler.
Souffler, parce qu'on est rentré, juste à temps pour la fête des anniversaires avec les copains.
Souffler parce que la fête et la pyj party ont été des succès,
malgré le manque de préparation, les déguisements prévus pas cousus, les gâteaux à peine décorés, les oublis (merci encore à Céline du bout de la rue qui a couru chez elle chercher les assiettes en carton), l'impasse sur la tente dans le salon (mais dormir sur des matelas a comblé les petits aventuriers), la visite chez le fermier qui a débordé sur l'heure des parents...
Souffler parce que Romeo n'était pas trop fatigué et qu'il a pu en profiter pleinement.
et pour finir, le regarder souffler les bougies.

et souffler, vraiment.
Oui, c'est une conjugaison de vie que celle du verbe souffler. On ne s'en rend compte que lorsque le souffle manque.
*la sat, c'est le taux d'oxygène contenu dans les globules rouges, cette saturation qui s'obstinait à plafonner à 93/94, quand il aurait fallu qu'elle dépasse 96/97.
Happy 45 !

(merci Ella, pour cette photo d'une rose de ton jardin)
Au dernier soir de mes 43 ans, je me suis endormie sereine quoique impatiente des festivités à venir, pour me réveiller quelques instants plus tard, incrédule, sonnée, anéantie.
Comme elle est vraie, cette publicité pour la sécurité routière, qui décrit la détresse des familles à l'annonce de l'inéluctable. La peine a balayé les envies de fête. Longtemps.
Je n'ai jamais eu 44 ans.
Toute cette année n'aura été qu'une interminable suite de premières fois "sans", de sourires qui se crispent, de regards qui se perdent à l'horizon, de coeurs qui pèsent lourd. Emaillée, toutefois, de bienvenus rires d'enfants. D'éclats de rire, de complicités nouvelles ou retrouvées.
Petit à petit, les larmes ont séché. La peine est restée, plus sourde, non moins profonde. Mais la vie a repris le dessus. La vie, l'envie, les rêves, les petits bonheurs et les grandes joies. Mes regrets ont cédé le pas aux projets.
Aujourd'hui, j'ai 45 ans.

Je mesure la chance qui est la mienne.
Je mesure la force de celui qui a été à nos côtés, inlassablement, au fil des mois. Son amour, son dévouement.
Je mesure l'importance de vivre chaque instant de bonheur, chaque moment de grâce, avec intensité et légèreté, l'un n'excluant pas l'autre.
Aujourd'hui, j'ai eu 45 ans. Et j'entends bien en profiter.

Juste un petit coucou
Le retour du soleil, on ne l'attendait plus, on va enfin pouvoir profiter, balade a vélo, à pieds, promenade en famille...
Mais aussi de " belles " découvertes dans ce qu'on pourrait appeller un reste de piscine.

Ou encore de plus rares et plus belles rencontres

A bientot

Fiers
Pour plusieurs civilisations anciennes, notament en Chine, il ne fallait surtout pas s'extasier sur les enfants, car le risque était alors grand, croyait on, d'attirer le mauvais sort.
Je ne suis pas superstitieuse (ça porte malheur), mais bon, dans le doute et par prudence, je ne dirai pas notre fierté d'être les parents de Romeo à chaque bilan scolaire.
Je ne dirai pas qu'au deuxième trimestre, il nous a ramené à signer un 9/10 en lecture, un autre 9/10 en compréhension de texte, un 20/20 en orthographe, un 19.5/20 en conjugaison, un 19.5/20 en maths, et un 20/20 en conjugaison. Ces deux dernières notes assorties d'un Bravo ! de sa maitresse.
Je ne dirai pas à quel point nous sommes fiers et heureux de le voir aussi avide d'apprendre.
Je ne dirai pas comme cet enfant nous épate jour après jour.
Je ne dirai pas à quel point nous l'aimons. On ne sait jamais.
amor omnia vincit
Amor omnia vincit m'écrit souvent une amie. Soit l'amour triomphe de tout.
J'aime cette citation (de Virgile, je crois), et j'aime qu'elle se vérifie.
Aujourd'hui, cinq personnes ont dit oui à l'amour.
Salomé a dit oui.
Théo a dit oui.
Marc a dit oui.
La Procureur de la République a dit oui.
La juge a dit oui.
On ne m'a pas demandé mon avis, mais mon coeur criait oui.
Le crayon de la greffière a couru sur le papier pour enregistrer chaque oui.
Aujourd'hui, Marc est devenu le père de mes quatre enfants. Il l'était déjà par le coeur, il l'est devenu aux yeux de la Loi.






































































